Yanis, un mordu de triathlon

Dimanche soir, la coupe du monde s’est achevée. Je vous propose de prolonger cette ambiance sportive à travers le portrait de Yanis. Yanis est passionné par le sport depuis de nombreuses années. Allez suivre les aventures de @yape_az sur Instagram.

Depuis quand aimes-tu pratiquer des activités physiques ? 

Pour répondre à cette question je me permets de raconter mon histoire sportive car ça n’est pas linéaire, il y a eu des phases où je n’étais pas du tout régulier dans ma pratique. 

Avant d’être triathlète je suis un coureur attiré par la longue distance. 

En 2018, comme chaque année dans mon école, les CM2 devaient faire un cross (aucune idée de la distance mais ça devait tourner autour de 1km sans doute), et je me suis dit que je devais m’y préparer. J’ai donc couru deux ou trois fois à peine durant la pause du midi en faisant des tours de la cour de récréation, en jean et sans basket. Le jour du cross, j’ai fini 3ème. C’était une vrai surprise et une grande joie. C’est à ce moment que je me suis dis qu’il y avait un truc à creuser dans ce sport. Durant le collège, j’allais courir sans vrai régularité, deux fois par mois peut-être, avec des distances entre 2km et 5km. En classe de 3ème nouveau cross, cette fois je finis 5ème sur un parcours de 3,3km. Là aussi grande fierté sur le moment alors rentré en 2nd je décide de me mettre sérieusement à la course à pied. Mais n’ayant aucune connaissance théorique, je finis par me dégoûter de ce sport après un peu plus d’un mois à courir 10km deux fois par semaine, toujours en allant le plus vite possible et finissant avec de grosses douleurs au ventre et aux genoux. Puis c’est parce qu’un ami d’enfance m’a proposé d’aller courir avec lui pendant les grandes vacances avant l’année de première, que j’y ai repris goût. J’adorais faire des distances de plus en plus grande, jusqu’à atteindre 22km en avril 2024. Mais à toujours vouloir faire plus, long sans structure j’ai fini par trop usé mon corps et j’ai dû m’arrêter pendant décembre 2024, ce qui m’a obligé à m’intéresser à toutes les connaissances sur la course à pied qui m’ont par la suite permis de faire un semi beaucoup plus rapidement et même réaliser mon rêve de courir un marathon. 

En début d’année de première, j’étais à la recherche d’un nouveau sport à pratiquer, j’aime beaucoup le badminton mais c’est difficile d’intégrer un club quand les membres déjà présents ne jouent qu’entre eux et ne partagent pas les terrains. J’ai donc cherché un autre sport, et depuis des dizaines d’années mon père fait de la plongée et donc va à la piscine chaque semaine. Je me suis donc incrusté, sans grande conviction, juste en me disant que nager est une compétence qui peut être utile et il y a ce côté “sport ancestral” comme pour la course à pied. Et c’est comme ça que je me suis mis à la natation, sans aucune personne pour m’apprendre le crawl. C’était très difficile et je n’aimais pas particulièrement nager mais j’adore cette sensation de progression au fil des mois, passer de 10 longueurs, puis 30, puis 50… 

Enfin, en voyant mes progrès dans ces deux disciplines, vers avril 2024, j’ai eu la réflexion crédule “si je rajoute du vélo je pourrais faire un triathlon. Et c’est simple le vélo, je sais en faire depuis que j’ai 6 ans”, sauf qu’il y a une énorme différence entre ne pas tomber sans les petites roues et faire du vélo de manière sportive. Mais à ce moment ce n’est qu’un  projet hypothétique et lointain d’un triathlon courte distance. C’est en revenant de vacances fin juillet 2024 que j’ai un déclic, une terrible détermination à montrer aux autres et surtout à moi-même que je peux aller au bout des projets, que je suis un homme qui tient sa parole, une motivation sans limite à développer toutes sortes de compétences. Alors sans même connaître les distances, j’annonce ouvertement que je veux faire un ironman, parce que je voulais faire ce qu’il y a de plus grand. Je commence à m’entrainer au total 5 fois par semaine et en mai 2025, avec l’argent de mon anniversaire, je peux enfin acheter mon premier vélo de route.

Quel est l’événement sportif auquel tu souhaiterais le plus participer ? 

Si c’est au sens d’un format de course, il y en a trop qui me font rêver pour n’en choisir qu’un. Évidemment il y a la distance d’un ironman sur laquelle je travaille en ce moment. Je dis distance car après une crise d’angoisse sur mon premier triathlon et un deuxième essai, j’ai compris que la nage en eau libre me met dans un inconfort tel que je me sens en danger et cela gâche le plaisir et la performance. Donc je le ferai sans dossard, en non officiel avec la natation en piscine. Je peux aussi citer une backyard (6,7km de course à pied à faire toute les heure) qui me permettrai d’atteindre 100 miles (160,9km) si je tiens 24h, parce que ces deux barres sont très symboliques dans l’ultra endurance mais sont, à mon goût, trop exigeantes à réaliser en continue. Ensuite le T24 est à la fois accessible et en même temps énorme, le but est de faire autant de distance que l’on veut en 4h de natation, 12h de vélo et 8h de course à pied, en continue ou avec des pauses c’est l’athlète qui gère son temps. C’est vraiment le rêve pour un mordu de triathlon d’en faire autant que l’on veut pendant la durée symbolique d’une journée. Enfin, puisque je suis attiré par la polyvalence et la longue distance, je tenterai peut-être un jour de faire la moitié de l’ultra hybride (50 boucles de 10 tractions, 10 dips, 10 pompes et 1km de course). 

Maintenant si on prend la question au sens d’une course dans un lieu précis, je dirais l’Embrunman, un triathlon distance L ou ironman dans la ville d’Embrun en France, connu pour son dénivelé positif qui en fait un des plus compliqués. Mais cette fois-ci ce n’est pas la difficulté qui m’attire. Je me souviens encore très bien du moment où j’ai découvert cette course. C’était un mercredi en fin de matinée durant ma terminale, j’étais dans le bus pour rentrer des cours et en me baladant sur internet à chercher des choses de triathlon je suis tombé sur une vidéo de cet événement. Ce n’était pas une vidéo d’un youtuber passionné qui cherche à transmettre des émotions à travers le récit de sa course, c’était un simple résumé de la course des athlèt.e.s professionnel.le.s de l’an passé qui servait de vidéo promotionnelle sur le site. Et pourtant, j’avais les larmes aux yeux. 

Je sais que ces défis sont énormes, que je suis à des années d’en avoir le niveau et que c’est possible que je n’y parvienne jamais. Mais c’est ça les rêves et croyez moi, je ferai tout pour les atteindre. 

Quel marathon voudrais-tu impérativement terminer ou du moins tenter ?

A vrai dire, aucun. Il n’y a pas de marathon qui me donne plus envie qu’un autre. La réputation et le dénivelé n’est pas le même partout mais la distance reste identique et c’est ce qui prime à mes yeux. De plus, je suis totalement en désaccord avec ceux qui prennent l’avion pour aller faire une distance qu’ils auraient pu faire moins loin de chez eux. Est-ce que le prestige ou la date de l’événement justifie vraiment de détruire la planète ? 

Certaines courses sont vraiment unique, on ne peut pas faire la diagonale des fous ou la Barkley run sans aller à l’île de la Réunion ou aux USA. Mais dans beaucoup d’autres cas ça m’énerve de voir que les gens pourraient moins polluer. 


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