I/ Les genres littéraires
Z: Je pense qu’il existe en effet une certaine hiérarchie entre les différents genres littéraires car aujourd’hui, certains genres sont beaucoup plus mis en avant que d’autres et ce pour différentes raisons. Je peux notamment citer la romance ou le thriller, qui sont très “à la mode” dans les librairies et sur les réseaux sociaux.
Au contraire de la science-fiction ou de la littérature jeunesse par exemple. Donc il y a quand même un classement entre les genres qui se démontre avec les stratégies marketing utilisées : on met en avant ce qui se vend et ce qui fait parler. C’est une boucle intemporelle : les professionnels ont tout intérêt à vendre et mettre en avant ce qui marche. Et pour que ça “marche” justement, il faut en parler. Mais ça, c’est le travail du lectorat. Or celui-ci ne discute uniquement que de ce qu’il connaît : en l’occurrence, les nouvelles sorties de romance, fantasy et thriller. Et pas les autres genres littéraires.
Maintenant, même si la romance est l’un des genres les plus lus en 2026, il reste grandement stigmatisé dans les esprits, de par son objet qui est “l’amour”. Et si cela est aussi mal vu d’écrire des romances, c’est surtout parce que nous évoluons dans une société patriarcale. Une société qui a longtemps réduit les femmes à l’expression de sentiments, à l’empathie et à l’amour maternel. Ce sont des idées qui restent profondément ancrées. La romance a beau être populaire auprès d’une grande partie de la population, il reste honteux pour certaines et certains d’en lire, au même titre que d’en écrire. Cette société reproche aux femmes de rêver quand la lecture est faite justement pour s’évader. Et puis il est aussi question du public. Nous avons intériorisé beaucoup de comportements et d’idées comme celle que la romance est écrite par les femmes et pour les femmes. Et peut-être que cette société apprend aussi aux hommes à ne pas s’en approcher car la romance passe avant et les aventures après, en plus d’avoir une héroïne et non pas un héros.
Ce que je vais dire ensuite relève plutôt d’un avis personnel mais qui fait tout à fait lien avec le sujet d’une hiérarchie entre les genres littéraires : Je pense que la plupart de nos goûts seraient appris, inculqués et influencés. Et que donc, on apprendrait de manière tout à fait inconsciente aux femmes à aimer les histoires d’amour, le cosy, le feel good, le positif et aux hommes à ne pas y toucher pour préférer l’aventure, le polar, le thriller, le fantastique. Ce n’est pas toujours conscient et c’est je pense, un phénomène que l’on retrouve pour absolument tout. Y compris les genres littéraires, car ce sexisme intériorisé a un impact considérable sur nos esprits et notre vie quotidienne comme nos opinions, les livres que nous achetons et cette hiérarchie que nous entretenons.
Et pour parler de la littérature dite “classique”, elle est régulièrement considérée comme la version supérieure du monde littéraire actuel. Si on regarde les ouvrages utilisés dans les établissements scolaires, la plupart sont des livres issus de la littérature classique, car le langage est différent, la société l’est aussi et elle a pour objectif de nous ouvrir les yeux sur des opinions différentes et d’époque. Beaucoup de sujets ici pourraient être développés grâce à des recherches historiques et à des statistiques mais je vais m’en tenir à cela : A mon sens, les genres littéraires sont bel et bien hiérarchisés dans notre société actuelle.
II/ Les tropes
Z: Lisant beaucoup de romances, je suis assez calée sur les tropes de ce genre et moins sur les autres. Donc par rapport à celles que je connais, j’en aime beaucoup. Mais celles que je trouve réellement intéressantes à développer sont les “Enemies to lovers”, au même titre que les “opposites attract”. Assez basiques et on les voit un peu partout ces dernières années mais il est toujours plaisant d’assister à une évolution chez les personnages. Que ce soit dans leur comportement, leurs réactions ou dans leurs sentiments, chaque protagoniste vit un changement dans sa manière d’être, pour le mieux comme pour le pire, tout dépend du roman !
En romantasy, on y glisse d’ailleurs souvent la présence d’une haine forcée, d’un déni, d’une culpabilité et d’une acceptation. Ce sont des thèmes qui sont généralement présents lorsque les deux protagonistes sont ennemis et qui veulent en dire beaucoup sur la psychologie des personnages !
Et puis toutes les tropes qui amènent généralement de l’humour comme le “workplace romance”, “fake dating” ou encore le “forced proximity” me plaisent tout particulièrement. Il est déjà assez dur d’écrire l’amour, de le raconter et de le faire sentir mais alors écrire sur un ton humoristique !
Je tiens en admiration toutes les autrices et auteurs qui vont réussir à nous faire rire rien qu’avec quelques mots et une trame bien trouvée.

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